Plan Comptable Marocain PCGE : Guide Complet 2026

Abdelhakim Soudi

Abdelhakim Soudi

Managing Partner

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Plan Comptable Marocain PCGE : Guide Complet 2026

En bref : Le plan comptable marocain (PCGE), défini par le CGNC, est la nomenclature obligatoire que toute entreprise au Maroc doit respecter pour enregistrer ses opérations. Organisé en 8 classes, il fixe la numérotation, la consistance des comptes et les états de synthèse. Voir aussi notre guide sur la comptabilité au Maroc.

Le plan comptable marocain, officiellement appelé Plan Comptable Général des Entreprises (PCGE), est un document de référence légal selon lequel les entreprises doivent établir leurs comptes au Maroc. Ce document est d’application obligatoire et toutes les entreprises exerçant sur le territoire marocain doivent le respecter. Le PCGE constitue la pierre angulaire de la normalisation comptable au Maroc et garantit la comparabilité des états financiers entre les différentes entités économiques.

Télécharger le plan comptable marocain en PDF : Plan Comptable Marocain — PCGE 2026 (PDF) — voir aussi notre page de téléchargement du Plan Comptable Marocain PDF avec toutes les ressources comptables.

Le plan comptable marocain dans le cadre du CGNC

La comptabilité au Maroc doit respecter le plan de comptes proposé dans le CGNC (Code Général de Normalisation Comptable). Le CGNC n’indique pas uniquement les principes comptables fondamentaux. Il précise, en outre, les comptes à utiliser, leurs cas d’utilisation et les règles d’évaluation à appliquer.

Le CGNC a été adopté en 1992 et représente le cadre normatif complet de la comptabilité marocaine. Le plan comptable marocain en est la composante opérationnelle, car il fournit aux entreprises la liste exhaustive des comptes nécessaires pour enregistrer leurs opérations courantes et exceptionnelles.

Le CGNC, dans le but de garantir une normalisation souple et à champ large, indique que :

  • Le plan comptable marocain définit uniquement les grandes classes de comptes
  • Le plan couvre uniquement les besoins usuels des entreprises

Ainsi, les entreprises ont le droit de le détailler pour répondre à un besoin spécifique, en créant des sous-comptes adaptés à leur activité.

Les 8 classes du plan comptable marocain

Le plan comptable marocain que stipule le CGNC est organisé en classes. Il existe 8 classes principales, réparties entre comptes de bilan et comptes de gestion :

Comptes de bilan (Classes 1 à 5)

  • Classe 1 – Financement permanent : regroupe les capitaux propres, les dettes de financement et les provisions durables. On y trouve le capital social, les réserves, le report à nouveau et les emprunts à long terme.
  • Classe 2 – Actif immobilisé : englobe les immobilisations en non-valeur, incorporelles, corporelles et financières. Les amortissements et provisions pour dépréciation figurent également dans cette classe.
  • Classe 3 – Actif circulant : comprend les stocks, les créances clients, les avances versées et les titres de placement. Cette classe reflète les éléments à court terme du patrimoine de l’entreprise.
  • Classe 4 – Passif circulant : inclut les dettes fournisseurs, les dettes fiscales et sociales, ainsi que les autres créanciers à court terme.
  • Classe 5 – Trésorerie : rassemble les comptes de banque, de caisse et les valeurs mobilières de placement. Elle permet de suivre la liquidité de l’entreprise au quotidien.

Comptes de gestion (Classes 6 à 7)

  • Classe 6 – Charges : regroupe toutes les charges de l’exercice, qu’elles soient d’exploitation (achats, charges de personnel, impôts), financières (intérêts) ou non courantes (pénalités, pertes exceptionnelles).
  • Classe 7 – Produits : rassemble l’ensemble des produits de l’exercice, notamment le chiffre d’affaires, les produits financiers et les produits non courants.

Comptes spéciaux (Classe 0 et Classe 8)

  • Classe 0 – Comptes spéciaux : utilisée pour les engagements hors bilan et les comptes de liaison entre établissements.
  • Classe 8 – Résultats et comptes de liaison : permet de dégager le résultat net de l’exercice.

Structure de la numérotation des comptes

Le plan comptable marocain utilise un système de codification décimale hiérarchique. Chaque niveau de détail ajoute un chiffre supplémentaire au numéro du compte :

  • Classe : 1 chiffre (exemple : 1 = Financement permanent)
  • Rubrique : 2 chiffres (exemple : 11 = Capitaux propres)
  • Poste : 3 chiffres (exemple : 111 = Capital social ou personnel)
  • Compte principal : 4 chiffres (exemple : 1111 = Capital social)
  • Compte divisionnaire : 5 chiffres ou plus pour un détail supplémentaire

Cette structure permet une grande flexibilité. Les entreprises doivent obligatoirement respecter les comptes principaux à 4 chiffres définis par le CGNC, mais elles peuvent librement créer des subdivisions plus détaillées pour répondre à leurs besoins de gestion interne.

Qu’est-ce qu’un plan comptable ?

Par plan comptable, il faut entendre une nomenclature dans laquelle on trouve les différents comptes à utiliser par l’entreprise. Le plan comptable marocain fixe de manière rigide :

  • La numérotation des comptes à utiliser
  • Les subdivisions minimales entre les opérations
  • La consistance de chaque compte
  • La place de chaque compte dans les états financiers de l’entreprise

L’existence d’un plan comptable marocain réduit la liberté de l’entreprise quant à la manière d’établir ses comptes. Toute comptabilité ne respectant pas le plan comptable peut se faire rejeter ses comptes lors d’un contrôle fiscal, ce qui expose l’entreprise à des redressements et des pénalités.

Comptes obligatoires et comptes facultatifs

Le CGNC distingue deux niveaux de comptes dans le plan comptable marocain :

  • Comptes obligatoires : les comptes principaux à 4 chiffres sont d’utilisation obligatoire. Chaque entreprise doit les intégrer dans sa comptabilité lorsqu’elle réalise des opérations correspondantes.
  • Comptes facultatifs : les subdivisions au-delà de 4 chiffres sont laissées à la libre appréciation de l’entreprise. Elles permettent d’affiner le suivi analytique sans déroger au cadre normatif.

Les différentes dispositions du plan comptable marocain

Le plan comptable définit les éléments suivants :

États de synthèse obligatoires en comptabilité marocaine

Le Code Général de Normalisation Comptable permet d’établir les comptes selon deux modèles :

  • Le modèle normal (obligatoire pour les entreprises dont le CA > 10 mdhs)
  • Le modèle simplifié

Selon les dispositions du CGNC, ces modèles comprennent les états suivants :

Modèle normal

  • Bilan (BL)
  • Compte de Produits et Charges (CPC)
  • État des Soldes de Gestion (ESG)
  • Tableau de Financement (TF)
  • État des Informations Complémentaires (ETIC)

Modèle simplifié

  • Bilan (BL)
  • Compte de Produits et Charges (CPC)
  • Tableau de Financement (TF) (selon un format simplifié)
  • État des Informations Complémentaires (ETIC)

L’entreprise doit établir ces états en se basant sur les informations qui ressortent de sa comptabilité générale.

Modalités de présentation et d’évaluation

Le plan comptable marocain stipule pour chacune des rubriques des états de synthèse les méthodes à suivre pour la présentation et l’évaluation. Le respect de ces principes est obligatoire.

Modes de fonctionnement des comptes

Le plan comptable marocain précise pour chaque compte les cas où ce dernier doit être débité ou crédité, ainsi que la nature des opérations qui justifient chaque mouvement.

Différences entre le PCGE marocain, le PCG français et les IFRS

Le plan comptable marocain s’inspire historiquement du Plan Comptable Général français, mais il présente des spécificités notables :

  • Évaluation des actifs : le PCGE privilégie le coût historique, alors que les normes IFRS favorisent la juste valeur pour de nombreux actifs.
  • Traitement du crédit-bail : le CGNC adopte une approche juridique et patrimoniale. Les biens en crédit-bail restent inscrits chez le bailleur, contrairement aux IFRS (norme IFRS 16) qui imposent la comptabilisation chez le preneur.
  • Présentation des états financiers : le modèle marocain a sa propre structure (BL, CPC, ESG, TF, ETIC), différente du bilan et du compte de résultat selon les IFRS.
  • Comptabilisation des provisions : les critères de reconnaissance et d’évaluation diffèrent entre le référentiel marocain et les normes internationales.

Ces différences rendent indispensable le recours à un expert-comptable lors de l’établissement de comptes consolidés ou de rapports destinés à des investisseurs internationaux.

Adaptation du plan comptable marocain aux secteurs spécifiques

Le PCGE constitue le référentiel de base, mais certains secteurs disposent de plans comptables sectoriels adaptés à leurs particularités :

  • Banques : le Plan Comptable des Établissements de Crédit (PCEC) tient compte des spécificités de l’activité bancaire (opérations interbancaires, engagements hors bilan).
  • Assurances : le plan comptable des entreprises d’assurance intègre les provisions techniques et les placements réglementés.
  • OPCVM : un plan comptable dédié permet de refléter la gestion collective de l’épargne.
  • Associations : un plan comptable adapté prend en compte les subventions, les cotisations et l’absence de capital social.

Comptes essentiels utilisés par toute entreprise

Quelle que soit la taille ou le secteur d’activité, certains comptes du plan comptable marocain sont utilisés par toutes les entreprises :

  • 1111 – Capital social
  • 2332 – Matériel et outillage
  • 3421 – Clients et comptes rattachés
  • 4411 – Fournisseurs et comptes rattachés
  • 5141 – Banques
  • 5161 – Caisses
  • 6111 – Achats de marchandises
  • 6171 – Rémunérations du personnel
  • 7111 – Ventes de marchandises

La maîtrise de ces comptes fondamentaux est le point de départ de toute organisation comptable efficace.

Erreurs courantes dans la mise en place du plan comptable

Plusieurs erreurs reviennent fréquemment lors de la configuration du plan comptable marocain :

  • Ne pas respecter la numérotation officielle : utiliser des numéros de comptes non conformes au CGNC expose l’entreprise à un rejet de sa comptabilité.
  • Créer trop de sous-comptes : une arborescence trop détaillée complique la saisie et la lecture des états financiers.
  • Négliger les comptes de régularisation : les charges et produits constatés d’avance sont souvent oubliés, faussant le résultat de l’exercice.
  • Confondre les classes : enregistrer une immobilisation en charge ou inversement est une erreur fréquente chez les entreprises qui gèrent leur comptabilité en interne.

Outils numériques pour gérer le plan comptable marocain

Aujourd’hui, la gestion du plan comptable marocain est facilitée par de nombreux logiciels de comptabilité adaptés au référentiel CGNC :

  • Sage et CEGID proposent des modules préconfigurés avec le PCGE marocain.
  • QuickBooks et Xero peuvent être adaptés, mais nécessitent un paramétrage spécifique.
  • Des solutions locales comme JBS Compta ou Winbooks offrent une intégration native du plan comptable marocain.

L’utilisation d’un logiciel adapté réduit les risques d’erreur et facilite la production des états de synthèse conformes au CGNC.

Textes de référence : Code Général de Normalisation Comptable (CGNC) (PDF) · Loi n° 9-88 — Obligations comptables des commerçants (PDF)

Questions fréquentes

Le plan comptable marocain est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?

Oui, toutes les entreprises soumises aux obligations comptables au Maroc doivent utiliser le Plan Comptable Général des Entreprises (PCGE) tel que défini par le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC). Le non-respect de cette obligation peut entraîner le rejet de la comptabilité par l’administration fiscale.

Quelle est la différence entre le PCGE marocain et le plan comptable français ?

Bien que le PCGE marocain soit inspiré du plan comptable français, il comporte des spécificités propres au contexte marocain, notamment dans la numérotation de certains comptes et dans les états de synthèse requis. Le PCGE prévoit un modèle normal et un modèle simplifié, ce dernier étant réservé aux petites entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions de dirhams.

Les entreprises marocaines doivent-elles appliquer les normes IFRS ?

En principe, les entreprises marocaines appliquent le référentiel comptable national défini par le CGNC et son Plan Comptable Général des Entreprises (PCGE). Toutefois, les établissements de crédit, les assurances et les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca sont tenus de présenter leurs comptes consolidés selon les normes IFRS. Les autres entreprises peuvent volontairement adopter les IFRS pour leurs comptes consolidés, mais leurs comptes sociaux doivent obligatoirement rester conformes au PCGE marocain.

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