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Gérant d'une SARL au Maroc | Upsilon Consulting

Salaheddine Yatim

Salaheddine Yatim

Managing Partner

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Gérant d'une SARL au Maroc | Upsilon Consulting

En bref : Le gérant d’une SARL au Maroc est nommé par les associés, peut être associé ou non, et engage la société vis-à-vis des tiers. La loi 5-96 encadre sa nomination, ses pouvoirs, sa rémunération et sa responsabilité civile et pénale. Pour vos formalités, faites appel à un expert-comptable à Casablanca.

Le gérant d’une SARL (Société à Responsabilité Limitée) est la personne qui se charge de représenter la société ainsi que d’en assurer sa gestion. Au Maroc, le statut juridique du gérant d’une SARL est encadré par la loi 5-96 du 13 février 1997, qui régit les sociétés à responsabilité limitée. Cette loi définit les conditions de nomination, les pouvoirs, la rémunération, la responsabilité et la révocation du gérant.

Selon les dispositions de la loi 5-96, le gérant d’une SARL peut être associé de la société ou non. Il doit obligatoirement être une personne physique. Par ailleurs, la loi prévoit que la société peut être gérée par plusieurs personnes : on parle alors de cogérance. Aucune condition de nationalité n’est imposée, ce qui signifie qu’un ressortissant étranger peut valablement être nommé gérant d’une SARL au Maroc.

Nomination du gérant d’une SARL

La nomination des premiers gérants intervient généralement au moment de la création de société.

En effet, les associés doivent les désigner soit :

  • Dans les statuts de l’entreprise ;
  • Dans un acte juridique séparé postérieur à la création.

Les statuts ou les actes doivent décider de la durée de leurs mandats. En l’absence de dispositions statutaires, le gérant, associé ou non, est nommé pour une durée de 3 ans.

A l’échéance de cette durée, le gérant engage sa responsabilité s’il effectue des actes au nom de la société. Un gérant doit signifier son accord dans l’acte de nomination (ou sur un acte qui lui est annexé).

Conditions de nomination

Le gérant doit remplir certaines conditions pour pouvoir exercer ses fonctions :

  • Etre une personne physique jouissant de sa capacité civile ;
  • Ne pas être frappé d’une interdiction de gérer ou d’une déchéance commerciale ;
  • Ne pas exercer une activité incompatible avec la fonction de gérant (fonctionnaire, avocat, notaire, etc.).

La nomination ultérieure d’un nouveau gérant en cours de vie sociale se fait par décision des associés représentant plus de la moitié des parts sociales. Les statuts peuvent prévoir une majorité plus élevée.

Gérant associé vs gérant non-associé

La loi 5-96 distingue deux situations selon que le gérant est associé ou non de la SARL.

Le gérant associé

Le gérant associé cumule deux qualités : celle de dirigeant et celle d’associé. Il participe aux décisions collectives et détient des parts sociales. On distingue le gérant majoritaire (détenant plus de 50 % des parts sociales, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs) du gérant minoritaire ou égalitaire.

Le gérant non-associé

Le gérant non-associé est un tiers qui ne détient aucune part sociale dans la société. Il exerce uniquement des fonctions de gestion sans participer au capital. Sa situation est plus précaire car il ne dispose pas du pouvoir de vote en assemblée. En revanche, ses pouvoirs de gestion vis-à-vis des tiers restent identiques à ceux d’un gérant associé.

Pouvoirs du gérant d’une SARL

Il faut distinguer deux niveaux d’analyse des pouvoirs des gérants :

Pouvoirs dans les rapports avec les associés

Dans les rapports avec les associés, ce sont les statuts qui déterminent les pouvoirs du gérant d’une SARL. En l’absence de précision statutaire, le gérant peut accomplir tout acte de gestion dans l’intérêt de la société. Toutefois, il ne peut pas :

  • Effectuer des actes ne relevant pas de l’objet social de la société ;
  • Agir en dehors des limites de pouvoir que fixent les statuts ;
  • Effectuer des actes à l’encontre de l’intérêt de la société.

Les associés peuvent poursuivre le gérant en responsabilité dans le cas où il dépasse ces limites.

Pouvoirs dans les rapports avec les tiers

Dans les rapports avec les tiers, le gérant d’une SARL dispose des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société. La seule exception correspond aux pouvoirs que la loi attribue expressément aux associés.

Ainsi, par exemple, un gérant ne peut décider de changer les statuts (augmentation de capital, distribution de dividendes, …).

La société est engagée vis-à-vis des tiers même par les actes du gérant qui ne relèvent pas de l’objet social. Les clauses statutaires qui limitent les pouvoirs des gérants ne sont pas opposables aux tiers. Ce principe protège les partenaires commerciaux de la société.

En cas de pluralité des gérants, ceux-ci détiennent séparément les pouvoirs que prévoit la loi pour un gérant unique.

Rémunération du gérant d’une SARL

La rémunération du gérant d’une SARL n’est pas obligatoire. Elle est fixée soit dans les statuts, soit par une décision de l’assemblée générale ordinaire des associés. Elle peut prendre plusieurs formes :

  • Rémunération fixe : un montant mensuel ou annuel déterminé à l’avance ;
  • Rémunération variable : indexée sur le chiffre d’affaires ou les résultats de la société ;
  • Avantages en nature : véhicule de fonction, logement, téléphone, etc.

Toute rémunération non prévue par les statuts doit être approuvée par l’assemblée générale ordinaire.

Régime fiscal de la rémunération

Sur le plan fiscal, la rémunération du gérant d’une SARL est soumise à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des revenus salariaux et assimilés, conformément au Code Général des Impôts. Le gérant bénéficie des mêmes déductions que les salariés (frais professionnels, cotisations sociales). La société déduit cette rémunération de son résultat imposable à l’impôt sur les sociétés (IS).

Couverture sociale du gérant (CNSS)

Les gérants d’une SARL, qu’ils soient associés ou non, percevant une rémunération en contrepartie de leurs fonctions effectives, sont obligatoirement assujettis au régime de sécurité sociale géré par la CNSS ainsi qu’au régime de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO).

Gérant majoritaire vs gérant minoritaire

La distinction entre gérant majoritaire et gérant minoritaire a des conséquences pratiques sur le régime social :

  • Le gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré est assimilé à un salarié et bénéficie de l’ensemble des prestations de la CNSS ;
  • Le gérant majoritaire rémunéré est également affilié à la CNSS, mais son statut peut présenter des particularités en matière de cotisations et de prestations.

Dans tous les cas, les cotisations CNSS sont calculées sur la base de la rémunération brute déclarée.

Obligations du gérant envers l’assemblée des associés

Le gérant doit présenter aux associés lors de l’assemblée générale :

  • Des comptes arrêtés de l’exercice (audités par un commissaire aux comptes si nécessaire) ;
  • Un rapport de gestion retraçant l’activité de la société au cours de l’exercice écoulé ;
  • Un rapport sur les conventions intervenues entre la société et les gérants (dites conventions réglementées).

Le gérant est tenu de convoquer l’assemblée générale ordinaire dans les six mois suivant la clôture de l’exercice. Il doit également tenir à disposition des associés, au siège social, l’ensemble des documents comptables et le texte des résolutions proposées, au moins quinze jours avant la date de l’assemblée.

Responsabilité civile et pénale du gérant

Responsabilité civile

Le(s) gérant(s) sont responsables, individuellement ou solidairement, selon le cas, envers la société ou envers les tiers :

  • Des infractions aux dispositions légales applicables aux sociétés à responsabilité limitée ;
  • Des violations des statuts ou des fautes commises dans leur gestion.

Si plusieurs gérants ont coopéré aux mêmes faits, le tribunal détermine la part contributive de chacun dans la réparation du dommage. Un associé peut poursuivre le gérant en cas d’infraction même sans l’accord de l’assemblée générale.

Responsabilité pénale

La loi 5-96 prévoit des sanctions pénales à l’encontre des gérants qui commettent certaines infractions, notamment :

  • La distribution de dividendes fictifs ;
  • La présentation de comptes annuels ne donnant pas une image fidèle de la société ;
  • L’abus de biens sociaux ou du crédit de la société ;
  • Le non-respect des formalités de publicité légale.

Ces infractions sont punies d’amendes et, dans certains cas, d’emprisonnement.

Révocation du gérant d’une SARL

Le changement de gérant se décide par une assemblée générale. La décision est prise par des associés représentant au moins trois quarts des parts sociales.

Conditions de révocation

La révocation peut intervenir à tout moment, avec ou sans juste motif. Toutefois, si la révocation est décidée sans juste motif, le gérant révoqué peut prétendre à des dommages et intérêts. La jurisprudence considère comme justes motifs notamment : la faute de gestion grave, le manquement aux obligations légales ou statutaires, la mésentente rendant impossible la poursuite des fonctions.

Formalités de changement de gérant

Sur le plan des formalités, il faut :

  • PV d’assemblée générale : constatant la révocation et, le cas échéant, la nomination du nouveau gérant
  • Légalisation et enregistrement : de l’acte auprès de l’administration compétente
  • Dépôt au greffe : du tribunal de commerce compétent
  • Inscription modificative : au registre du commerce
  • Publicité légale : dans un journal d’annonces légales et au Bulletin Officiel

Incompatibilités et restrictions

Certaines professions sont incompatibles avec la fonction de gérant d’une SARL. Il s’agit notamment des fonctionnaires, des officiers ministériels (notaires, huissiers), des avocats et des experts-comptables exerçant à titre individuel. De même, une personne frappée d’une interdiction de gérer prononcée par un tribunal ne peut exercer cette fonction.

Recommandations pratiques

Pour exercer sereinement la fonction de gérant d’une SARL au Maroc, il est recommandé de :

  • Rédiger des statuts clairs délimitant précisément les pouvoirs du gérant ;
  • Formaliser la rémunération du gérant par une décision d’assemblée ;
  • Respecter scrupuleusement les obligations de convocation et de tenue des assemblées ;
  • Tenir une comptabilité rigoureuse et faire appel à un expert-comptable ;
  • S’assurer de l’affiliation à la CNSS et de la déclaration régulière des rémunérations ;
  • Documenter toutes les décisions de gestion importantes pour se prémunir contre les actions en responsabilité.

Upsilon vous accompagne dans vos formalités de nomination, démission, changement de gérants (conseil, revue des actes, formalités administratives). Contactez-nous.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour être gérant d’une SARL au Maroc ?

Le gérant d’une SARL au Maroc doit être une personne physique, jouissant de ses droits civiques et n’étant pas frappée d’une interdiction de gérer. Il n’est pas nécessaire d’être associé de la société, et il n’y a pas de condition de nationalité. Certaines professions (fonctionnaires, avocats, experts-comptables à titre individuel) sont incompatibles avec cette fonction.

Le gérant d’une SARL au Maroc est-il responsable des dettes de la société ?

En principe, la responsabilité du gérant est limitée aux fautes de gestion qu’il aurait commises. Toutefois, en cas de faute grave, de violation des statuts ou d’infractions à la loi, sa responsabilité civile et pénale peut être engagée personnellement. En cas de redressement ou de liquidation judiciaire, le gérant peut être tenu des dettes sociales.

Comment révoquer un gérant de SARL au Maroc ?

La révocation du gérant est décidée par les associés représentant au moins les trois quarts du capital social. Elle doit être constatée par un procès-verbal d’assemblée, enregistré auprès de l’administration fiscale, puis déposé au greffe du tribunal de commerce avec mise à jour du registre de commerce et publication légale.

Le gérant d’une SARL au Maroc est-il affilié à la CNSS ?

Oui, le gérant associé ou non associé qui perçoit une rémunération doit être affilié à la CNSS. Sa rémunération est soumise aux cotisations sociales et doit être déclarée régulièrement. La rémunération est fixée par décision des associés.

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