En bref : L’impôt au Maroc est régi par le Code Général des Impôts (CGI) et la loi 47-06. Les principaux impôts sont l’IS (20-35 %), l’IR (barème progressif jusqu’à 37 %), la TVA (taux normal de 20 %) et les taxes locales. Les déclarations se font via le portail SIMPL de la DGI.
L’Impôt au Maroc représente une source principale des recettes de l’Etat. En 2025, les recettes fiscales ont représenté plus de 260 milliards de dirhams, soit environ 70 % des recettes ordinaires du budget de l’Etat. Toute personne exerçant une activité lucrative et disposant d’une résidence fiscale au Maroc doit s’acquitter de ses obligations fiscales.
La fiscalité marocaine comporte un ensemble d’impôts régis notamment par :
- Premièrement, le code général des impôts
- Deuxièmement, la loi 47-06 fiscalité locale
- Troisièmement, la circulaire 717 de l’Administration des Impôt et les différentes circulaires annuelles
Les règles qui régissent l’impôt au Maroc s’appuient, en outre, sur la jurisprudence qui ressort des décisions de justice.
Impôt au Maroc - Le code général des impôts
Le code général des impôts est une loi édictant les dispositions fiscales applicables au Maroc. Ce code traite des impôts suivants :
- Premièrement, l’impôt sur les sociétés (I.S)
- Deuxièmement, l’impôt sur les revenus (I.R)
- Troisièmement, la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A)
- Enfin, les droits d’enregistrement (D.E)
Analysons dans ce qui suit chacun de ces composantes de la fiscalité au Maroc.
L’Impôts sur les Sociétés : I.S.
Au Maroc, l’impôt sur les sociétés est un impôt qui s’applique sur les résultats des entreprises. Ainsi, sont soumises à l’IS principalement :
- Premièrement, les SARL : Sociétés à Responsabilité Limitée
- Deuxièmement, S.A : Sociétés Anonymes et les S.A.S (sociétés par action simplifiées)
- Troisièmement, les succursales de sociétés étrangères
- Quatrièmement, d’autres entités juridiques à but lucratif telles que les associations, les établissements publics et les coopératives
IS - Base imposable
L’I.S. s’applique sur le résultat net représentant l’excédent des produits imposables sur les charges imposables.
Les entités soumises à l’I.S doivent tenir une comptabilité selon les normes en vigueur au Maroc.
Taux de l’I.S. en 2026
Depuis la réforme progressive de l’IS (Loi de Finances 2023-2026), le barème est le suivant :
- 20 % si le bénéfice net fiscal est inférieur à 100 millions de dirhams (le taux s’applique sur la totalité du bénéfice)
- 35 % si le bénéfice net fiscal est égal ou supérieur à 100 millions de dirhams (le taux s’applique sur la totalité du bénéfice)
- 40 % pour les établissements de crédit et organismes assimilés (Bank Al-Maghrib, CDG, sociétés d’assurances)
Les entreprises industrielles sont désormais soumises au taux de droit commun de 20 % (le taux transitoire de 26 % ayant convergé vers 20 % en 2026). Les zones franches d’exportation et le statut Casablanca Finance City (CFC) offrent des exonérations spécifiques (5 ans d’exonération totale puis 20 %).
Pour plus de détails, voir IS au Maroc.
Retenues à la source
L’impôt au Maroc est parfois prélevé par voie de retenue à la source. En ce qui concerne l’I.S, cette situation concerne notamment :
- Les retenues à la source sur les dividendes : au taux de 11,25 % en 2026, puis 10 % à compter de 2027 (Art. 247-XXXVII-C CGI)
- Les retenues à la source sur les intérêts versés : au taux de 20 %
- Les retenues à la source sur les produits bruts versés à l’étranger : au taux de 10 % (sauf convention fiscale internationale)
L’Impôt sur les Revenus au Maroc (I.R)
L’impôt sur les revenus (I.R) au Maroc s’applique principalement sur les revenus des personnes physiques. Il s’applique également sur les résultats des sociétés non soumises à l’I.S., notamment les sociétés en commandite et les sociétés en nom collectif.
Le barème de l’IR est progressif, allant de 0 % (tranche exonérée jusqu’à 30 000 DH annuel) à 37 % (au-delà de 180 000 DH annuel). Ce barème s’applique aux revenus salariaux après déduction des charges sociales (CNSS, AMO, CIMR) et des frais professionnels forfaitaires.
L’I.R. s’applique selon la catégorie des revenus :
- Revenus salariaux : imposés par voie de retenue à la source entre les mains des employeurs
- Revenus et profits fonciers : issus de la location ou de la cession de biens immobiliers (taux de 20 % sur les profits immobiliers)
- Revenus et profits des capitaux mobiliers : dividendes, intérêts, plus-values sur valeurs mobilières
- Revenus agricoles : soumis à l’IR au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires de 5 millions de dirhams
- Revenus professionnels : bénéfices des commerçants, artisans et professions libérales, imposés selon le régime du résultat net réel (RNR) ou le régime forfaitaire
La Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Au Maroc, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) s’applique à la consommation de biens et services. Chaque commerçant, fabriquant, industriel ou prestataire de services doit appliquer la TVA Ad Valorem à ses ventes.
Malgré son champ large, certaines opérations demeurent en dehors du champ d’application :
- Le secteur agricole
- Les opérations civiles (sans objet commercial)
Les taux de TVA applicables au Maroc en 2026 sont :
- 20 % : taux normal applicable à la majorité des biens et services
- 14 % : transport de voyageurs, énergie électrique
- 10 % : opérations de restauration, huiles alimentaires, sel, riz, pâtes
- 7 % : eau, produits pharmaceutiques, fournitures scolaires
Par ailleurs, la TVA est due selon un modèle de paiement fractionné. Chaque commerçant procède à la liquidation de la TVA collectée, après déduction de la TVA ayant grevé ses achats.
Pour plus d’informations lire : Taxe sur la valeur ajoutée au Maroc
Dans certains cas, le crédit de TVA peut faire l’objet d’un remboursement de la part de l’Administration. Il s’agit, notamment et non limitativement, du cas des sociétés exportatrices.
Les droits d’enregistrement
Les droits d’enregistrement s’appliquent à certaines opérations juridiques et immobilières. Les principaux taux en vigueur sont :
- 6 % : cession de biens immobiliers à usage d’habitation
- 4 % : acquisition de terrains destinés à la construction
- 3 % : cession de fonds de commerce
- 1 % : augmentations de capital, constitutions de sociétés
Les actes sous seing privé doivent être enregistrés dans un délai de 30 jours à compter de leur signature.
Autres sujets que traite le CGI
Le Code général des impôts traite également d’autres impôts et taxes :
- Les droits de timbre
- La taxe spéciale annuelle sur le véhicule (TSAV) : de 350 à 8 000 DH selon la puissance fiscale
- La contribution sociale de solidarité sur les bénéfices (CSS) : applicable aux entreprises dont le bénéfice net dépasse 1 million de dirhams
- La contribution sociale de solidarité sur les revenus salariaux : applicable aux salaires nets supérieurs à 10 000 DH mensuels
En outre, le CGI pose les jalons des procédures de contrôle fiscal au Maroc.
Impôt au Maroc - Taxes locales
En plus des taxes prévues par le CGI, la loi 47-06 fixe des droits supplémentaires qui sont collectés par les collectivités locales. Il s’agit notamment de :
Taxe professionnelle
La taxe professionnelle (anciennement la patente) est une taxe locale due par tous les commerçants.
Elle s’applique à toutes les formes de sociétés ainsi qu’aux succursales. La taxe professionnelle a pour assiette l’ensemble de l’actif productif du commerçant assujetti. Les taux varient de 10 % à 30 % de la valeur locative selon la classe d’activité.
Les entreprises nouvellement créées bénéficient d’une exonération de 5 ans à compter de la date de début d’activité.
Taxe des services communaux, une composante de la fiscalité au Maroc
La taxe sur les services communaux au Maroc est une taxe locale qui a été instituée en 2018. Elle est venue remplacer la taxe d’édilité.
La taxe de services communaux s’applique sur un rythme annuel. Le trésor public s’occupe de sa perception au profit des communes. Son taux est de 10,5 % en zones urbaines et 6,5 % en zones périphériques, calculé sur la valeur locative servant de base à la taxe professionnelle ou à la taxe d’habitation.
La taxe sur les services communaux s’applique sur tous les biens immobiliers bâtis de toute nature. Elle s’applique également sur les autres moyens de production relevant de la taxe professionnelle.
Autres taxes locales sectorielles
En outre, il existe dans le système fiscal marocain d’autres taxes locales spécifiques par secteur :
Secteur hôtelier (lire : Fiscalité des hôtels au Maroc) :
- La taxe sur les débits de boissons
- La taxe de séjour : de 10 à 30 DH par nuitée selon la catégorie de l’établissement
Autres secteurs d’activité :
- La taxe sur les terrains urbains non bâtis
- La taxe sur les opérations de construction
- La taxe sur les opérations de lotissement
- La taxe sur les eaux minérales et de table
- La taxe sur le transport public de voyageurs
- La taxe sur l’extraction des produits de carrières
Obligations déclaratives et calendrier fiscal
Toute entreprise au Maroc doit respecter un calendrier fiscal strict. Les principales échéances annuelles sont :
- 31 mars : dépôt de la liasse fiscale (bilan, CPC, états annexes) et déclaration du résultat fiscal IS
- Avant le 20 de chaque mois : déclaration et paiement de la TVA (régime mensuel)
- Trimestriellement : acomptes provisionnels IS (25 % de l’IS de l’exercice précédent)
- Avant la fin février : déclaration annuelle des traitements et salaires (état 9421)
Les déclarations se font via le portail SIMPL de la DGI, qui est devenu obligatoire pour toutes les entreprises soumises à l’IS ou à l’IR professionnel.
Le cabinet Upsilon Consulting, dirigé par Salaheddine Yatim, Expert-Comptable, accompagne les entreprises dans l’ensemble de leurs obligations fiscales, de la planification à la télédéclaration.
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Textes de référence : Code Général des Impôts 2026 (PDF) · Note Circulaire n° 737 — Loi de Finances 2026 (PDF)
Questions fréquentes
Quels sont les principaux impôts auxquels sont soumises les entreprises au Maroc ?
Les entreprises au Maroc sont principalement soumises à l’Impôt sur les Sociétés (IS), la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), l’Impôt sur le Revenu (IR) retenu à la source sur les salaires, la taxe professionnelle, la taxe de services communaux et les droits d’enregistrement sur certaines opérations.
Comment sont déclarés et payés les impôts au Maroc ?
Les impôts au Maroc sont déclarés et payés via le portail électronique SIMPL de la DGI (tax.gov.ma). L’IS est versé en quatre acomptes trimestriels avec une régularisation annuelle. La TVA est déclarée mensuellement ou trimestriellement. L’IR salarial est retenu et versé mensuellement par l’employeur.
Existe-t-il des exonérations fiscales au Maroc ?
Le système fiscal marocain prévoit plusieurs types d’exonérations fiscales. En matière d’IS, certaines entreprises bénéficient d’exonérations totales ou partielles, notamment les entreprises installées dans des zones franches d’exportation, celles ayant le statut Casablanca Finance City (CFC), ainsi que les coopératives et associations sous certaines conditions. Des exonérations de TVA existent également pour certaines opérations, comme les exportations de biens et services. Par ailleurs, des incitations fiscales sont accordées dans le cadre de programmes spécifiques tels qu’Intilaka et Tahfiz pour encourager l’investissement et l’emploi.
Quels sont les taux de l’IS au Maroc en 2026 ?
Depuis la réforme de l’IS, le barème est proportionnel : le taux de droit commun est de 20 % si le bénéfice net fiscal est inférieur à 100 millions de dirhams, et de 35 % s’il est égal ou supérieur à 100 millions de dirhams (le taux s’applique sur la totalité du bénéfice). Les établissements de crédit sont soumis à un taux de 40 %. Les entreprises industrielles sont désormais soumises au taux de droit commun de 20 % (le taux transitoire de 26 % ayant convergé en 2026). Les zones franches d’exportation offrent une exonération totale pendant les 5 premières années, suivie d’un taux de 20 % pendant les 20 années suivantes.
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